À bord du vol Bari-Paris

Aujourd’hui chers lecteurs, je veux vous embarquer avec moi pour une expérience extrême sur un vol Bari-Paris. Attachez vos ceintures, parés pour le décollage ! Il est une compagnie aérienne que je suis amenée à emprunter très régulièrement pour mes allers et retours Bari/Paris car rapide et pas chère. Or, cette compagnie, outre le jaune et le bleu de son logo, en voit en réalité de toutes les couleurs grâce au flux incessants de personnages absolument charmants et d’un genre tout à fait particulier : les Baresi (à comprendre les habitants de Bari) en proie avec leur premier voyage pour Paris !

À l'aéroport de Bari

Avant de monter dans l’avion, on les repère très vite : à peine la porte de départ indiquée, la salle d’embarquement se transforme en une fantastique reconstitution de la ruée vers l’or. Les voyageurs se bousculent et se doublent dans une joyeuse cacophonie. Au final, contre toute attente, se forme néanmoins une file assez nette et ordonnée ! Les vilains Français moqueurs émettent évidemment un « Ahhh ces Italiens, toujours à se faire remarquer ! », en comprenant qu’ils se sont fait rouler et qu’ils n’auront probablement pas de place en cabine pour leur trolley !
Si malgré cela vous ne les aviez pas encore remarqués, ce sont leurs doudounes aux couleurs criardes, leurs bonnets à pompons ou leurs maxi lunettes de soleil qui les trahiront !

10 raisons de ne pas manquer un vol Bari-Paris

Mais revenons au vol ! Une fois installés confortablement à leur place, nos amis se feront à coup sûr distinguer par plusieurs actions d’éclat !

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Le selfie envoyé à la terre entière : « Oui zé souis oune grand voyageur qui vole vers Paris. À moi Tour Eiffel, Champs Elysées et Louis Vuitton !! »

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La rencontre de connaissances. Cela arrive fréquemment puisque en règle générale, tout le monde se connaît potentiellement à Bari. C’est toujours sujet d’extase, de cris de joie d’enfants qui se retrouvent, de parents qui préféreraient aussi parfois s’éviter, de vieux copains d’écoles qui se tombent dans les bras, de tonton Roberto qui se trouve nez à nez avec tata Margherita et qui raconte par le menu comment il a organisé son merveilleux voyage à Paris, rendant tata Margherita verte de jalousie en lui disant que « non, cé né pas poussible dé né pas aller à Disneyland Margherita, ma qu’est-ce que tou a dans la tête?? »

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La vue de l’Italie d’en haut, qui émerveille l’explorateur sommeillant en chacun d’eux. D’ailleurs, il y aura toujours parmi eux un fin connaisseur pour lancer un typique mais non moins apprécié : « y’a pas à dire, nous avons le plou beau pays dou mooonde ». Pour cette catégorie de voyageurs, la version « retour du voyage à Paris » est d’ailleurs absolument identique…

4

La lecture assidue du journal publicitaire de bord de la compagnie, attention ne chercher pas à le leur subtiliser, il en va de votre SÉ-CU-RI-TÉ.

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La commande du repas. Là encore, il y aura toujours un tonton Roberto pour déclarer le classique : « chérie, mangeons oune dernière part de lasagne, des fois qu’on ne trouve rien à manger là-bas ! » qui déclenchera à coup sûr des gloussements à la chaîne se propageant sur au moins deux rangée de voyageurs!

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L’achat de parfums détaxés. Ils partiront comme des petits pains et occasionneront un innocent mensonge au retour : « Oui ma chérie, zé l’ai acheté dans oune graaaande parfoumerie des Champs Elysées ! ».

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Les jeux de hasard : le clou du voyage ! En effet, la compagnie propose à ses voyageurs de gagner le jackpot en plein vol. Pour nos amis joueurs et superstitieux, qui voyaient déjà dans leur tant attendu voyage Bari-Paris, un signe du destin, il est ABSOLUMENT nécessaire, je dirais même vital, de tenter sa chance au-delà des limites du possible, et d’acquérir au moins un billet pour l’or !

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Le jeu du « cherche la Tour Eiffel ! ». Inévitable succès pour ce jeu pourtant cruel car, non, on ne verra jamais la tour Eiffel quand on choisit les vols pas chers qui atterrissent en Picardie !

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L’applaudissement final suivi de l’inévitable harmonie de trompette signalant que le vol a été plus court que prévu ! Et là, c’est l’explosion, la débandade, un tonnerre d’applaudissements digne des plus grands stades de foot. Deux possibilités : ou le voyageur est heureux d’arriver en terre française ou il est profondément ému qu’un moyen de transport puisse arriver à l’heure (chose restant exceptionnelle à Bari). En tout cas, cette fièvre est assez contagieuse puisque je me surprends désormais à retrousser le coin de mes lèvres à son approche !

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Et enfin, la voix de l’hôtesse qui perd patience quand les premiers voyageurs s’extirpent de leurs sièges pour récupérer les valises au-dessus de leur tête alors que l’avion est toujours en mouvement. Pour le plaisir, le vilain Français râleur et audacieux osera là un nouveau « je te l’avais bien dit, ces Italiens, toujours à se faire remarquer !! ».
Vous l’aurez compris, cette ligne promet de fabuleux moments d’ethnologie auprès de mes chers Italiens et permet même qu’on en oublie de lire son livre, pour une fois !

© illustration principale : Élisa Thubeuf
  • Chloé

    Bonjour Elisa,
    merci pour cet article qui m’a replongée dans mon vol Bari-Paris de l’été dernier. On n’est en effet pas loin de la vérité si ce n’est que les conversations se faisaient en italien, ce qui donnait une ambiance assez sonore il est vrai, mais sacrément joyeuse et chantante.