Dans les coulisses de la Cineccittà

Des films de propagande fasciste à…James Bond. Cineccittà, l’un des plus célèbres complexe de studios cinématographiques mondiaux, a connu une histoire pour le moins sinueuse. Menacée un temps de disparition, la cité du cinéma a refait peau neuve : elle accueille aujourd’hui de nouveau un grand nombre de productions nationales et internationales. C’est aussi devenu l’un des lieux touristiques les plus courus de Rome. Des milliers de touristes se rendent chaque année au cœur de cet univers de carton pâte, lieu mythique du cinéma mondial.

Les débuts des studios

Cinecittà voit le jour dans les années 30, sous l’impulsion de Luigi Freddi, chef de la Direction Générale du Cinéma. Le but était alors de concurrencer le cinéma hollywoodien en faisant construire sur le sol italien un immense ensemble de studios de tournage.  C’est à Rome, sur la voie Tuscolana, qu’il voit le jour. Sur ce territoire d’une superficie de 60 hectares, apparaissent alors un bassin, des rues, des jardins et plusieurs théâtres scéniques ainsi que de nombreux bâtiments dédiés au stockage des décors et des hôtels pour les employés. Benito Bussolini inaugure le 28 avril 1937 ce qui se convertira plus tard en véritable « Hollywood sur Tibre ». En 1939, la loi Alfieri permet au cinéma italien de se développer d’une manière exceptionnelle par le biais de grosses subventions.

Inauguration des studios
Inauguration des studios

Dans un premier temps, ce sont des films de propagande fasciste tels que Les Cadets de l’Alcazar (1940) ou La Couronne de Fer (1941) qui sont tournés sur les plateaux de Cinecittà. À la chute de Mussolini en 1943, l’Italie devient alors le centre névralgique d’un nouveau genre cinématographique : le néoréalisme italien, dont les chefs de file sont Roberto Rosselini ou Vittorio De Sica. Parmi les œuvres représentatives de ce courant tourné vers le réalisme social, citons : Rome, Ville Ouverte (1945), Allemagne, année zéro (1947) et Stromboli (1950) de Roberto Rosselini, ou bien encore Le voleur de bicyclette de Vittorio De Sica. Mais ces films, souvent tournés comme des documentaires, dans la rue… n’ont pas besoin de la structure de Cinecittà pour se faire.

Les Renaissances des studios

La cité du 7ème art renaît dans les années 50 avec le cinéma américain, qui profite ici de coûts de production bien inférieurs à ceux en vigueur à Hollywood. On vient tourner ici les films à grand spectacle que sont les péplums comme Ben-Hur (1959), Cléopâtre (1962) ou Hélène de Troie (1956).

Comment ne pas parler ici de Fellini, dont le nom restera à jamais associé à l’histoire de Cinecittà. Le maestro italien choisira les studios de Rome pour y tourner ses chefs-d’œuvre comme I Vitelloni (1953), La Dolce Vita (1960), ou Amarcord (1973). Cinecittà accueille aussi les tournages d’un genre propre à l’Italie, le fameux « western spaghetti ». En 1964, Sergio Leone plante ainsi les décors de son Et pour une poignée de dollars avec Clint Eastwood. Dans les années 70 et 80, la télévision supplante les salles obscures. On vient tourner ici des créations destinées au petit écran.

Le Wall of Fame des studios
Le Wall of Fame des studios

Menacés de disparaître à la suite de la crise du cinéma italien, voire même d’être reconvertis en complexe hôtelier, Cinecittà reprend vigueur  et accueille à nouveau des réalisateurs étrangers, attirés par un changement de législation très favorable ainsi que par l’aura de ce lieu légendaire. Parmi les grands tournages qui se sont déroulés au sein de ses studios, on peut citer par exemple la série Rome, les films Gangs of New York et récemment James Bond Spectre ou Zoolander 2… tous les genres y sont donc les bienvenus. Cinecitta a également accueilli et continue d’accueillir l’organisation de grands événements tels que l’Eurovision en 1991.

Visiter les studios et le musée

Bonne nouvelle ! Il vous fera possible de pénétrer à l’intérieur de ce lieu légendaire car Cinecittà s’offre au public et se visite ! De nombreux touristes se rendent chaque année, les étoiles plein les yeux, dans l’antre du 7ème art. Vous pourrez notamment découvrir d’impressionnantes reconstitutions de villes comme celle de Rome où furent tournée la série du même nom, Borgia ou bien des péplums historiques comme  Ben-Hur ou Cléopâtre. Coldplay y donna un concert-événement.

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Ne manquez pas d’autres reconstitutions exceptionnelles telles que celle de la Florence du Quattrocento pour la série italienne Francesco ou le Temple de Jérusalem, réalisé par Francesco Frigeri, le chef décorateur de La Passion du Christ. Pour en apprendre plus sur l’histoire de Cinecittà, direction l’exposition permanente qui retrace l’histoire de la cité du cinéma à travers différentes salles, dont une entière consacrée au monstre sacré Federico Fellini. Les passionnés de cinéma pourront en outre profiter de l’exposition temporaire où les différentes étapes du processus créatif sont présentées sur un parcours didactique et interactif (salle du réalisateur, du son, du costume, du scénario etc.) Des visites guidées et ateliers sont proposées aux adultes et écoles.

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© Photo principale : Matteo Penzo / Flickr ; © Photos de l'article : n°2 Jean-Pierre Dalbéra / Wikipedia, n°3 :  Marco Garro / Flickr, n°4 : Capitu / Flickr, n°5 : Giuseppe Quattrone / Flickr