Ponza, trésor caché

Quand arrivent les beaux jours, les Romains n’ont qu’une obsession : où passer leurs weekends ? Certains ne jurent que par l’Argentario en Toscane, d’autres sont fidèles aux longues plages de la côte sud du Latium autour de San Felice Circeo. Et il y a une troisième catégorie, qui guette avec impatience les horaires estivaux des navettes vers Ponza.

Avant de venir vivre à Rome, je n’avais jamais entendu parler de l’archipel pontin, formé de 6 îles dont la plus grande est Ponza. Selon la mythologie, la magicienne Circé y serait née. La légende raconte que c’est là qu’elle retint Ulysse, l’empêchant de rentrer à Ithaque. Une fois découvert l’île, on peut imaginer que le célèbre voyageur n’a peut-être pas tout mis en œuvre pour s’échapper… Car Ponza ensorcelle, et pas besoin de magie pour cela. Sa côte déchiquetée est ciselée de rochers et de falaises en pierre de lave, aux dégradés jaune, rouille ou blanc neigeux. Elle plonge dans une eau d’une incroyable transparence, déclinant une palette infinie de turquoise et d’émeraude.

Paradis de la barque

Autant prévenir d’emblée, les longues plages de sable ne sont pas le point fort de Ponza. La plus grande de l’île, Chiaia di Luna, est adossée à une falaise de 50 m de haut et n’offre qu’une dizaine de mètres pour étendre sa serviette, en raison des risques d’éboulis. Accessible uniquement par bateau comme la plupart des plages de l’île, elle est absolument spectaculaire.
La plus populaire est Frontone dont une partie est encombrée de chaises longues et de parasols mais l’autre composée de pierres plates où l’on peut prendre le soleil et se baigner dans une mer cristalline, à l’écart de la foule. Plus au nord, les Piscine Naturali, vasques d’eau de mer formées par l’activité volcanique, sont l’une des attractions phares de l’île. C’est le spot où les adolescents font des concours de plongeons.
C’est en louant une barque à moteur à la journée que j’ai vraiment été éblouie par la beauté de l’île (on peut en trouver au port ou au village Le Forna). À quelques encablures à l’ouest de Ponza, se trouve Palmarola, considérée par le commandant Cousteau comme la plus belle île de Méditerranée. Formés de grottes et de cavités naturelles, dont la fameuse cathédrale, ses fonds marins sont d’un bleu d’une telle intensité qu’il semble irréel ! S’y baigner est tout simplement magique.

Une certaine idée du bonheur

À Ponza, toute l’activité est concentrée au port, au-dessus duquel se déroule le village principal. Ses maisons aux couleurs pastel accrochées à flanc de colline semblent sorties d’un film de Vittorio de Sica ou de Roberto Rossellini. Car Ponza n’a pas beaucoup changé depuis les années 50 (bien sûr, ses habitants vous diront le contraire). De par sa petite taille, 9 km de long, l’île ne se prête pas à des projets immobiliers d’envergure et ses habitants, résidents à l’année ou estivants, ont su garder leur paradis à l’abri des convoitises.

Le petit port de Ponza
Le petit port de Ponza

Les amoureux de la tranquillité ont élu domicile au nord de l’île, plus sauvage. C’est aux alentours du village Le Forne que se trouvent les plus belles maisons. Cubes blancs immaculés entourés de plantes grasses et de bougainvilliers, elles rappellent un peu les Cyclades. En se baladant sur les sentiers escarpés qui sillonnent l’île, on aperçoit parfois leurs jardins en terrasse d’où émerge un hamac, se balançant entre deux oliviers, la Méditerranée scintillante en contrebas.

Se rendre à Ponza

De Roma-Termini jusqu’au port d’Anzio puis plusieurs compagnies de ferries desservent l’île.

© photo principale :  CC BY-SA 3.0 wikipedia © photos article de haut en bas : Paffy flikr